Journal Faxé d'Hépato-Gastro-Entérologie
LA PRATIQUE DE L’ONCOLOGIE PAR
LES HÉPATO-GASTROENTÉROLOGUES

      A partir de 2010, il ne sera plus possible à un hépato-gastroentérologue non reconnu compétent en oncologie de primo prescrire une chimiothérapie anticancéreuse.
      Quand on parle de primo prescription, il s’agit de la première prescription pour un malade donné et de la prescription d’un nouveau protocole pour un malade donné. Cette situation va mettre en difficulté de nombreux hépato-gastroentérologues qui prennent déjà en charge des malades atteints de cancer sans reconnaissance ordinale de cette compétence. Ce sont les médecins diplômés, avant que le DESC ne soit créé ou ceux qui n’ont pas validé ce DESC durant leur DES. Qui plus est, depuis le décret du 19 mars 2004, les hépato-gastroentérologues ne peuvent plus acquérir une compétence en cancérologie et, en corollaire, ne peuvent plus prescrire de chimiothérapie ; la loi du 13 aout 2004 permet, en parallèle, à l’Assurance Maladie de bloquer tout remboursement de soins effectués par un médecin n’ayant pas la qualification requise. Pourtant, on note une augmentation continue de la prévalence des cancers et une diminution, jusqu’ici attendue mais aujourd’hui effective, des praticiens. Pour offrir à tous nos patients une égale chance d’accès aux soins et respecter les critères de plus en plus stricts de sécurité et de qualité, il est indispensable de trouver une solution satisfaisante entre le CNOM, l’INCA, les oncologues médicaux et les spécialistes d’organes comme les hépato-gastroentérologues et les pneumologues, afin de définir une reconnaissance de compétence en oncologie pour les générations formées pendant la période d'accès difficile au DESC (début des années 2000).
      Suite à l'enquête de la FSMAD de 2008 auprès des 3 387 hépato-gastroentérologues recensés et sur 1 660 réponses, il apparaît que 90% des HGE participent aux RCP, que plus de la moitié d’entre eux décident de la chimiothérapie et que 709 prescrivent la chimiothérapie. Toutefois, 257 d’entre eux ne sont pas habilités à le faire selon les critères actuels. Pour ces derniers, une reconnaissance de compétence sur les acquis par expérience en oncologie serait obtenue suivant certains critères encore en discussion : activité pendant au moins 5 ans dans un service autorisé, avec instauration et suivi de protocole de chimiothérapie en moyenne sur les 3 dernières années d’exercice, attestation d'une formation type DIU ou DU d’oncologie digestive. Néanmoins, au-delà des hépato-gastroentérologues exerçant déjà l’oncologie médicale et pour répondre à une pénurie d’oncologues dans certaines régions de France, il est nécessaire et indispensable que les praticiens souhaitant prendre en charge leurs patients en chimiothérapie, comme ils le font déjà pour le diagnostic, le traitement endoscopique et le suivi des cancers digestifs, puissent avoir accès à une formation post-universitaire validante et réaliste. Sommes-nous sûrs que tous nos confrères oncologues veuillent s’opposer à ce qui a fait le cœur de la réflexion de la loi HPST, à savoir une accessibilité pour tous nos patients à des soins de qualité, en toute sécurité, et effectués par des médecins compétents, en concertation avec les autres spécialistes (dans le respect des plans cancer 1 et 2) ? La collaboration avec la plupart d’entre eux est souvent très positive mais peut être dans certaines places plus conflictuelle, en raison des besoins de santé de plus en plus importants et de la répartition très inégale de l’offre de soins.
      Une réunion de concertation à l’INCA est prévue en fin de semaine. Nous ne doutons pas un seul instant que le bon sens et la volonté de répondre aux besoins de la population fera émerger un accord entre toutes les parties. Le SYNMAD vous propose de recenser l’ensemble des hépato-gastroentérologues qui veulent, soit faire reconnaître leurs acquis, soit postuler à une formation complémentaire pour exercer l’oncologie digestive.
      C'est ainsi, débordant d’optimisme, que le SYNMAD vous souhaite d’excellentes fêtes de fin d’année.


Docteur Thierry HELBERT
Président du SYNMAD
Décembre 2009
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