Journal Faxé d'Hépato-Gastro-Entérologie
LES REVENUS DES HÉPATO-GASTROENTÉROLOGUES LIBÉRAUX

      Le rôle fondamental d’un syndicat est d’abord de défendre les revenus de ses mandants. C’est une mission difficile, ingrate, peu valorisante car elle conduit vos représentants à avoir forcément des attitudes corporatistes, mais légitimes, et se heurte, dans notre système de soins, au déficit chronique de l’Assurance Maladie, au cours de ces dernières années, majoré, depuis quelques mois, par la crise économique, et à la notion inexacte que les médecins font partie des professions relativement favorisées dans notre société. Dans ce cadre, il est important de lire les derniers chiffres de la DREES et de noter que, malgré toutes les difficultés, malgré une CCAM dont la hiérarchie est injuste, les revenus en terme nets, en terme d’euros constants des gastro-entérologues ont augmenté chaque année de 1,4% entre 2000 et 2007. Ceci est insuffisant, conduit le chiffre moyen de bénéfice avant impôt à la somme de 94300 euros.
      Ces chiffres masquent, en réalité, des disparités, puisqu’il s’agit d’une moyenne, associant les revenus des hépato-gastroentérologues du secteur 1 à ceux du secteur 2. Il faut noter que les tarifs de nos actes d’endoscopie de base n’ont pas été revalorisés depuis 1995, même si, dans le même temps, progressivement, les établissements ont pris en charge le matériel endoscopique, selon l’arrêté de 2001 et la tarification à l’activité, ce qui a diminué, d’une manière significative, notre taux de charge. Heureusement, dans le même temps, grâce à la convention de 2004, nous avons pu élargir l’utilisation du C2 à l’ensemble de nos confrères, quel que soit leur cursus initial, et en permettant d’associer, dans la continuité des soins, un C2 suivi, dans les jours qui suivent, d’un acte technique nécessaire à donner notre avis. L’utilisation du C2 est le cheval de bataille de l'UMESPE, dont bénéficie l’ensemble de la profession et qui permet, en outre, un meilleur remboursement pour les patients que les dépassements des consultations pris par ceux d’entre nous qui exercent dans le cadre du secteur 2. Pour ceux-ci, l’augmentation des revenus a été liée à l’augmentation des dépassements d’honoraires. Nous savons que les limites sont atteintes, les patients ont des difficultés, pour un grand nombre d’entre eux, à payer ces dépassements que les mutuelles ne prennent pas en charge dans leur grande majorité. Un rappel : pour ceux qui exercent dans le secteur 2, sans prendre de dépassement important ou régulier, ils doivent regarder avec intérêt l’option coordination : les tarifs de consultation sont opposables, mais ils peuvent prendre 15% de complément sur chaque acte technique qui, au contraire des dépassements, sont solvabilisés par les mutuelles.
      C'est la raison pour laquelle, les ressources de l’Assurance Maladie étant limitées, celles des patients n’ayant plus de possibilité d’augmentation, il faut se tourner vers les organismes complémentaires, pour mettre rapidement en place un secteur optionnel qui doit être, à terme, ouvert à tous et qui permettra, dans le cadre d’une démarche qualité, d’obtenir des actes médicaux, valorisés à un meilleur niveau, pour se rapprocher des normes européennes. En effet, il faut rappeler que les revenus des médecins français sont tout juste dans la moyenne de la communauté européenne. Si nous stigmatisons la médecine anglaise, il faut savoir qu’elle est pénalisante pour les patients mais, qu’au contraire, elle est extrêmement bien valorisée pour nos confrères britanniques, généralistes ou spécialistes.
      Plutôt que de faire une campagne de presse contre les dépassements d’honoraires, et bien sûr, nous pensons aux 95% des hépato-gastroentérologues qui appliquent, au quotidien, le «tact et la mesure», il serait plus judicieux que le gouvernement favorise la mise en place d’un secteur optionnel, réservé dans un premier temps à un certain nombre de groupes d’actes techniques (chirurgie, anesthésie-réanimation), mais ayant rapidement vocation à être ouvert à tous pour combler, enfin, cette fracture financière inacceptable qui sépare les hépato-gastroentérologues du secteur 1 de ceux du secteur 2.
      Nous serons, bien sûr, vigilants dans les négociations qui vont s'ouvrir, en sachant que la défense de vos intérêts est extrêmement complexe face à l’autisme de la Ministre.


Docteur Jean-François REY
Président du SYNMAD
Avril 2009
Référence : Etudes et Résultats de la DREES 2009, n°686 http://www.sante.gouv.fr/drees/etude-resultat/doc.htm.
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